TDAH chez l’enfant : comprendre, agir tôt et protéger son parcours scolaire
« Il est intelligent, mais il ne fait aucun effort. »
« Elle pourrait réussir… si seulement elle se concentrait. »
« On ne sait plus comment faire. »
Si vous êtes parent d’un enfant TDAH, vous avez probablement entendu ce type de remarques. Peut-être même avez-vous fini par douter. Douter de vous. Douter de votre enfant.
Et pourtant, derrière les oublis, l’agitation, les colères ou les devoirs interminables, il n’y a ni paresse ni mauvaise volonté.
Il y a un cerveau qui lutte pour se réguler
Recevoir un diagnostic de TDAH, c’est souvent un mélange de soulagement et d’inquiétude. Soulagement de mettre des mots sur des difficultés. Inquiétude face à l’avenir.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des leviers concrets pour aider votre enfant.
Ils reposent sur deux axes complémentaires :
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Soutenir son cerveau le plus tôt possible
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Reconnaître ses besoins spécifiques à l’école
Rappelons la stratégie nationale TND 2023-2027 d'Emmanuel Macron, pour la prise en charge thérapeutiques des Troubles chez l'enfant, qui considère que le TDAH est un handicap scolaire invisible au même titre que l'autisme, la déficience intellectuelle ou les DYS..... Il est donc important voir, capital de mettre des rééducations et des stratégies, en place, pour leur venir en aide. et leur permettre une meilleure évolution.
1️⃣ Agir tôt : soutenir un cerveau en difficulté de régulation
Un cerveau qui peine à trouver son équilibre
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement. Certaines zones du cerveau impliquées dans :
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l’attention
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l’inhibition (se retenir)
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l’organisation
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la gestion des émotions
fonctionnent de manière moins stable.
On parle parfois de dérégulation intra-cérébrale : le cerveau a du mal à maintenir un niveau d’activation adapté à la situation.
Cela peut donner :
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un enfant qui bouge sans arrêt
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ou qui semble « dans la lune »
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qui commence tout sans finir
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qui explose face à une frustration
Ce n’est pas un problème d’éducation.
C’est un système nerveux qui a du mal à s’autoréguler.
L’homéostasie : un équilibre fragile
Le cerveau cherche en permanence un équilibre interne (l’homéostasie).
Chez l’enfant TDAH, cet équilibre est plus instable :
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Il a besoin de bouger pour rester attentif
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Il se fatigue plus vite
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Il peut passer d’une agitation intense à un épuisement total
Comprendre cela change le regard.
On ne parle plus d’un enfant « opposant » ou « paresseux », mais d’un enfant en difficulté physiologique de régulation.
Pourquoi intervenir tôt change tout
Le cerveau de l’enfant possède une formidable capacité d’adaptation : la neuroplasticité.
Plus l’accompagnement est précoce :
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plus le cerveau peut développer des stratégies de régulation efficaces
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plus on évite l’accumulation d’échecs scolaires
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plus on protège l’estime de soi
Car le vrai danger du TDAH n’est pas seulement l’inattention.
C’est la construction progressive d’une image de soi négative.
Témoignage fictif – Claire, maman de Lucas, 8 ans
« Lucas disait qu’il était nul. À 8 ans. Ça m’a brisé le cœur. Depuis qu’on a mis en place un accompagnement adapté, il comprend que son cerveau fonctionne différemment. Il ne se sent plus “bête”. »
Le Neurofeedback : entraîner le cerveau à se réguler
Parmi les outils possibles, le Neurofeedback est un entraînement cérébral basé sur l’enregistrement de l’activité électrique du cerveau (EEG).
Concrètement, l’enfant participe à des séances où son activité cérébrale est mesurée en temps réel. À travers un support ludique (souvent un jeu), il apprend progressivement à stabiliser son activité cérébrale.
L’objectif est de :
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renforcer la stabilité attentionnelle
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diminuer l’impulsivité
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améliorer l’autorégulation
Le Neurofeedback ne remplace pas systématiquement les autres prises en charge, mais il peut constituer un levier complémentaire intéressant, notamment chez les enfants présentant une forte instabilité attentionnelle.
Témoignage fictif – Marc, papa d’Emma, 10 ans
« Avant, les devoirs duraient deux heures avec des crises. Aujourd’hui, ce n’est pas parfait, mais elle arrive à se poser plus longtemps. On sent qu’elle a plus de contrôle. »
L’idée n’est pas de « changer » votre enfant.
Mais de lui donner des outils pour mieux utiliser son potentiel.
2️⃣ Le TDAH comme handicap scolaire : protéger le parcours de l’enfant
Même avec des efforts et un accompagnement, le TDAH peut impacter fortement la scolarité.
Quand le trouble devient un handicap
Un trouble devient un handicap lorsqu’il crée un désavantage réel dans la vie quotidienne.
À l’école, cela peut se traduire par :
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des devoirs interminables
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une désorganisation chronique
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des oublis constants
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une lenteur excessive
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des sanctions liées à l’agitation
Beaucoup d’enfants TDAH ont de bonnes capacités intellectuelles.
Mais leurs difficultés de régulation rendent les apprentissages plus coûteux.
Les aménagements scolaires : une compensation, pas un privilège
En France, les familles peuvent solliciter la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
Selon l’évaluation des besoins, cela peut permettre :
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un PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé)
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un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation)
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un accompagnement par une AESH
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du temps majoré aux examens
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des adaptations pédagogiques
Ces aménagements ne donnent pas un avantage.
Ils rétablissent une équité.
Témoignage fictif – Sophie, maman de Mathis, 12 ans
« Le temps supplémentaire aux contrôles a tout changé. Il savait ses leçons, mais n’avait jamais le temps de finir. Pour la première fois, ses résultats reflétaient réellement son niveau. »
L’AEEH : un soutien financier possible
Lorsque le TDAH entraîne des besoins importants (rééducations, suivis spécialisés, accompagnements réguliers), la MDPH peut accorder l’Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé (AEEH), sous condition d’acceptation.
L’AEEH peut contribuer à :
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financer certaines prises en charge
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alléger la charge financière des familles
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reconnaître officiellement le retentissement du trouble
L’attribution dépend notamment :
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du taux d’incapacité évalué
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du retentissement dans la vie quotidienne
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des besoins spécifiques de l’enfant
Constituer un dossier peut sembler complexe, long et décourageant.
C’est pourquoi le Cabinet Neuro-Bio propose également un accompagnement au montage du dossier MDPH, afin d’optimiser la clarté, la cohérence et la précision des éléments transmis pour une demande d’AEEH.
L’objectif est d’aider les familles à :
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mieux formuler le retentissement réel du TDAH
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structurer les bilans et justificatifs
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comprendre les critères d’évaluation
Vous n’avez pas à traverser cette démarche seul(e).
En conclusion
Accompagner un enfant TDAH, c’est agir à deux niveaux :
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Soutenir son cerveau, en profitant de sa formidable capacité d’adaptation
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Protéger son parcours scolaire, en mettant en place des compensations adaptées
Votre enfant n’est pas « difficile ».
Il a un fonctionnement neurologique particulier qui demande compréhension et ajustements.
Agir tôt, c’est lui éviter des années de souffrance silencieuse.
Reconnaître ses besoins, c’est lui permettre de grandir avec confiance.
Et surtout : vous n’êtes pas seuls.